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CV / EXPOS

PARCOURS 
Le travail plastique de Julia Morlot s’inscrit dans un désir de revaloriser et détourner les objets du folklore populaire comme les techniques de créations ancestrales. Séduisantes, bien que mâtinées d’étrangeté, ses sculptures et ses installations in situ recèlent une forte dimension narrative. Julia Morlot aime collaborer avec d’autres artistes et proposent régulièrement des ateliers à des publics variés............................... L’extraordinaire histoire de l’opiniâtre mémoire et du conteur fantasque .............................. Tout débute avec un napperon et de la résine synthétique, dessinant aux prémisses de son travail une méthode que Julia Morlot ne quittera plus : partir d’un objet ancien, le napperon, y appliquer un traitement neuf, la résine, en vue de raconter une autre histoire. Un récit affranchi de l’autorité du temps qui, en passant, pousse aux périphéries domestiques les objets occupant naguère le devant de la scène. Autrefois immergés dans les palpitations du foyer, la vie les a insensiblement quitté, on les a doucement écartés du centre, relégués dans les greniers, garages ou débarras dont ils ne devaient pas revenir. C’est à ce moment de notre récit que Julia Morlot intervient. Point de nostalgie vaine cependant, ni d’exhibition tragique des effets du temps : si elle exhume, c’est pour transfigurer, rendre grâce et vie à l’inerte dépouille. Non pas la ressusciter dans son identique fonction, pas de restauration, encore moins de retour du même, il s’agit plutôt de proposer un nouveau scénario, de remonter le cours des choses pour les défaire et les construire autrement. Marty et la DeLorean, en modifiant le passé pour reconfigurer l’avenir, n’ont pas fait mieux. Du passif mausolée de secrets conjugaux, l’antique polochon se mue en vif envol, poussé par un double procès d’expression et d’involution : il pointe vers l’avenir tout en renouant avec son état fossile de plumage de basse-cour. L’oie elle-même n’est pas convoquée, seuls sa force, son mouvement et sa trajectoire s’exposent. Plus que d’animer ses pièces comme on confectionne un théâtre d’automates, Julia Morlot fixent ses installations dans leur expansion formelle, elle arrête à son faîte la poussée hors de l’ancestral objet dont les souvenirs qu’il recèle sont le ferment actif. On aperçoit alors une autre histoire possible, un passé corrigé : par le détournement ou la réinterprétation de choses et de lieux chargés de sens, non seulement Julia Morlot nous raconte une nouvelle histoire, mais encore, et surtout, elle ré-écrit un autre passé. Hommage rendu aux victimes d’un scénario un peu médiocre, l’artiste rend aux objets qu’elle approche la dignité qui leur est due en leur inventant un destin à leur mesure. texte de Clemence Agnez.
EXPOSITIONS 
2019// Château de Bussy-Rabutin
2019// C14 paris (salon de céramique contemporaine)
2019// ABC Dijon
2019// Ecole d'art du Beauvaisis
2016// résidence, centre d'art contemporain de l'Yonne en Scène
2014// parc culturel aborigène de Pingtung, Taiwan