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TEXTES

Elle tricote un jacquard.
Afin de ne pas emmêler ses fils,
elle les enroule autour de poissons qui ondulent sous l’ouvrage.

Un portrait.
Une lourde natte de cheveux blonds
s’enroule autour du visage de la défunte.

La biche est morte et empaillée.
Le corps n’y est plus.

Elle balaye la cheminée avec des ailes de canards.

Une branche morte, ressuscitée au bout d’un manche,
sert à attraper les toiles d’araignée au plafond.

Une fourrure, une peau autour du cou, la tête tombe d’un côté.
Les pattes et petites griffes de l’autre.

Les bocaux s’empilent sur les étagères.
L’un d’eux porte la mention eau de neige.
L’eau de neige sert à calmer les brûlures.

 

La grand-mère conserve dans sa salle à manger un service à thé.
Il est disposé sur une table ne recevant jamais d’invité.
Soucoupes, tasses, sucrier ne sont jamais utilisés.
Le tout est en dentelle amidonnée.

 

 

Le ventre nous tombe dessus. Il tient toute la place.
Des petits se détachent de lui, se collent au sol.
Lorsque je cousais au plafond, j’ai échappé ma grosse aiguille,
elle s’est planté dans une poche d’eau. Le liquide ainsi libéré se répandit petit à petit.
Plusieurs jours s’écoulèrent avant que la méduse soit vide.
Elle resta sèche et fripée, échouée sur le sol.

 

 

Au centre de la pièce trône une baignoire en dentelle.
Elle est la dernière d’une série aux destins moins glorieux.
La toute première n’a pas passé l’épreuve de la chaleur.
Elle a fondu jusqu’à n’être plus qu’un amas de bourrelets et de replis de dentelles gondolées.
La seconde, est engluée dans un surplus de matière.
Elle reste molle à jamais, incapable de sécher